L’histoire du parfum : les matières premières de synthèse

Les matières premières de synthèse sont de nos jours la base de la parfumerie.

Le premier parfum à avoir utilisé ces nouveaux produits est le célèbre N°5 de Chanel, créé en 1925, dans la composition duquel rentre un aldéhyde.
Les matières premières de synthèse obtenues grâce à la chimie du pétrole présentent des qualités olfactives tout à fait comparables à celles des matières premières naturelles.

Elles ne sont pas toujours moins coûteuses que les matières naturelles,
mais leur choix répond le plus souvent à des contraintes écologiques et à un souci de constance dans la qualité des produits.

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L’histoire du Parfum : les matières premières d’origine animale

Les matières premières d’origine animale, beaucoup moins connues que les végétales, sont maintenant presque systématiquement remplacées par des produits de synthèse afin de préserver la survie des espèces.

  • L’ambre gris est une concrétion intestinale du cachalot que l’animal rejette de façon naturelle. Très coûteux dans sa version naturelle, il constitue une matière précieuse en parfumerie.
  • Le musc se présente sous forme de grains fortement odorants contenus dans une poche sous le ventre de chevrotins en période de reproduction.
  • La civette correspond à une sécrétion d’odeur musquée d’un mammifère carnassier proche du chat sauvage présent en Éthiopie et en Inde.
  • Le castoréum est une matière odorante produite par des glandes de castor.

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L’histoire du Parfum : les matières premières d’origine végétale

 

Les matières premières d’origine végétale entrant dans la composition des parfums proviennent de toutes les régions du monde où elles sont sélectionnées pour leur qualité et leur originalité.

Les fleurs sont aujourd’hui les composants les plus connus du grand public. Selon leur variété, on utilise plutôt les pétales, les bourgeons, les boutons, les racines (iris), les feuilles (géranium, violette) ou les tiges.
Issues de cultures du monde entier, certaines fleurs sont encore cueillies dans des champs de la région grassoise et utilisées par l’industrie locale de la parfumerie.

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Ce sont principalement :

  • la rose, et surtout la célèbre rosa centifolia ou rose de mai, est exclusivement cueillie à l’aube, au moment où elle développe le plus fortement son parfum. Cultivée à Grasse, la plus belle rose utilisée en parfumerie s’épanouit également en Turquie, en Bulgarie et au Maroc,
  • le jasmin, la fleur blanche la plus utilisée en parfumerie, a fait la renommée de Grasse et provient également d’Espagne, d’Afrique du Nord et d’Inde,
  • la tubéreuse, originaire du Mexique est introduite à Grasse dans le courant du 17ème siècle. Elle est très présente en Inde,
  • la fleur d’oranger, fleur de la virginité, est cultivée en Provence, en Italie et en Égypte. Sa distillation donne naissance à une essence recherchée, le néroli, et l’eau obtenue lors de ce traitement n’est autre que la fameuse eau de fleur d’oranger,
  • la lavande, dont les champs couvrent les plateaux de Haute Provence, est de nos jours davantage utilisée pour les parfums masculins,
  • le mimosa, si caractéristique des environs de Grasse à la fin de l’hiver, est une fleur sans pétales, les petites boules jaunes étant composées d’étamines,
  • l’ylang-ylang est la fleur de la volupté. Elle provient d’arbres noueux typique des paysages du pourtour de l’Océan Indien : archipel des Comores, îles Maurice, de La Réunion et de Madagascar…

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Les herbes aromatiques sont tout autant utilisées en parfumerie qu’en art culinaire. Thym, romarin, menthe et basilic… sont cultivés principalement sur le pourtour méditerranéen (France, Espagne, Egypte, Tunisie, Maroc), mais également en Inde et à Madagascar.

Les fruits et leurs zestes apportent une note de fraîcheur (agrumes) ou une touche exotique : Le citron, la bergamote, l’orange, la mandarine, le pamplemousse, la vanille.

Les épices et les graines appartiennent aussi à ce registre de matières premières partagées avec la gastronomie : la fève tonka, la coriandre, la badiane, le cumin, l’ambrette, la cardamome, le clou de girofle, le fenugrec, la noix muscade, le poivre.

Les racines constituent des matières premières recherchées : le vétiver, l’iris, le gingembre,

Les feuilles sont parfois plus utiles en parfumerie que les fleurs : le patchouli, le petit grain, le géranium, la violette, le myrte,

Les bois, les écorces et les mousses complètent cette panoplie de matières végétales : le santal, le cèdre, l’écorce de cannelle, l’écorce de bouleau, le bois de gaïac, la mousse de chêne.

Il en est de même avec les résines et les gommes, toutes deux émanant d’exsudations de plantes : le galbanum, le benjoin, l’opoponax, la myrrhe, le labdanum, le baume de Tolu, l’encens…

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Informations élégamment mises à disposition par Fragonard, artisan parfumeur à Grasse

L’histoire du Parfum : les 7 familles

Informations élégamment mises à disposition par Fragonard, artisan parfumeur à Grasse

Devant la diversité des compositions parfumées, le Comité Français du Parfum a établi une classification en sept grandes familles, elles-mêmes subdivisées en sous-familles. Ces appellations sont applicables tant pour les créations féminines que masculines.

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  • Les hespéridés regroupent des parfums résultant de l’expression des zestes d’agrumes (orange, bergamote…). On distingue l’hespéridé floral chypré, l’hespéridé épicé, l’hespéridé boisé, l’hespéridé aromatique.
  • Les floraux correspondent aux parfums à dominante fleurie (rose, tubéreuse…) : soliflore, soliflore lavande, bouquet floral, fleuri vert, fleuri aldéhydé, fleuri boisé, fleuri boisé fruité.
  • Les fougères, contrairement à leur appellation, ne sont pas le reflet de l’odeur de ces plantes, mais associent des notes boisées et lavandées : fougère, fougère ambré doux, fougère fleuri ambré, fougère épicé, fougère aromatique.
  • Les chyprés doivent leur dénomination à un parfum créé par François Coty en 1917, « Chypre ». Ce sont des odeurs de mousse de chêne accompagnées de notes fleuries et fruitées : chypré, chypré fleuri, chypré fleuri aldéhydé, chypré fruité, chypré vert, chypré aromatique, chypré cuir.
  • Les boisés sont plutôt destinés à une clientèle masculine. Ils utilisent le santal ou le cèdre, mais également le patchouli et le vétiver : boisé, boisé conifère hespéridé, boisé aromatique, boisé épicé, boisé épicé cuir, boisé ambré.
  • Les ambrés, appelés également les orientaux, présentent des fragrances chaudes et poudrées aux fréquents accents vanillés : ambré fleuri boisé, ambré fleuri épicé, ambré doux, ambré hespéridé, semi-ambré fleuri.
  • Les cuirs, davantage masculins, évoquent les odeurs de tabac, de fumée ou de peau : cuir, cuir fleuri, cuir tabac.

 

L’histoire du Parfum : la parfumerie moderne

Informations élégamment mises à disposition par Fragonard, artisan parfumeur à Grasse

C’est au 19ème siècle que la parfumerie, sur le modèle de l’industrie tout entière va connaître sa révolution.

L’apparition de la chimie moderne, la démocratisation progressive de la société, l’avènement d’une bourgeoisie issue de l’industrialisation, et l’avalanche de découvertes scientifiques et techniques en tout genre, conduisent à une refonte totale des métiers et des produits de parfumerie.

Les progrès de la chimie organique conduisent à la fabrication de molécules de synthèse reproduisant les qualités olfactives des essences les plus rares. Le gantier parfumeur et l’alchimiste s’effacent au profit du compositeur de parfum, professionnel averti de toutes les possibilités offertes par la science de l’époque.

Les parfums se consomment sous forme de sels de bain, de sachets pour les armoires à linge ou de pastilles à brûler, et le vaporisateur, inventé en 1870 par l’écrivain Brillat-Savarin, simplifie l’usage des préparations alcoolisées.

Au 20ème siècle, le parfum fait de plus en plus rêver et est associé aux autres créations artistiques.

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On ne le convoite plus uniquement pour sa fragrance, mais également pour toute l’image valorisante de l’individu qu’il suggère.

Les noms évoquent l’exotisme (Mitsouko, Shalimar, Cuir de Russie…), les états d’âme (Scandale, Je reviens, L’Heure bleue…) ou encore la nature (Vent vert, Fleurs de rocaille…).

Les cristalliers (Lalique, Baccarat…) mettent leur talent au service de la production de flacons raffinés et les publicitaires contribuent à la promotion de nouveaux parfums. En 1925, le plus mythique de ces parfums de couturiers, le N°5 de Chanel, créé par Ernest Beaux, voit le jour. Lanvin, Rochas, Patou, Ricci, Balmain ou Dior pour ne citer qu’eux ne tardent pas rejoindre cette activité, complément d’image flatteur de leurs créations vestimentaires.

Dans les années cinquante, les parfums masculins prennent à leur tour leur essor.

De nos jours, le marketing est au cœur de toutes les créations en parfumerie. Les « nez », artistes créateurs, doivent inscrire leur travail dans le cadre contraignant de modes diverses, de cahiers des charges détaillés et d’une concurrence démesurée. Plusieurs centaines de nouveaux parfums sont proposés chaque année, dont seule une très petite minorité passe le cap du premier anniversaire.

Face à ce déferlement et à l’industrialisation qui l’accompagne, des artisans parfumeurs continuent à proposer des créations originales et de qualité conçues dans la tradition des grandes maisons de parfum.

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